Parcours
Depuis le début des années 1970, Alain Vuillemet construit une œuvre fondée sur l’expérimentation directe du métal. Assemblage, transformation de la tôle, sculpture monumentale et recherche sonore jalonnent ce parcours autodidacte. Une même exigence le traverse : concevoir et réaliser lui-même ses œuvres, dans une relation constante entre l’intention, le geste et la résistance de la matière.
1970–1980 : les premières expériences
En 1972, Alain Vuillemet réalise une première sculpture d’assemblage à partir de chutes de métaux et d’outils de forge. Ses expériences professionnelles dans le maquettisme, le thermoformage, le modelage et la mécanique nourrissent sa connaissance des matériaux et des procédés de fabrication.
Il présente ses premières œuvres au Salon de mai en 1974, puis organise sa première exposition personnelle à Paris en 1976.
En 1977, sa rencontre avec le sculpteur Yon Vlad lui permet de travailler pendant deux ans à l’American Center de Paris. La proximité des ateliers de danse, de théâtre et de sculpture élargit son approche de la création et sa perception des relations entre le corps, le mouvement et l’espace.
1980–1995 : transformer la matière
Après un premier atelier à Ermont, Alain Vuillemet s’installe à Romainville, où il travaille pendant plus de dix ans. L’atelier devient un lieu de fabrication et d’échanges avec d’autres artistes et artisans. Ses œuvres sont présentées en France et à l’étranger. En 1981, il expose personnellement à la Galerie Novart, à Madrid. Son parcours le conduit également à New York et à Dallas.
L’assemblage laisse progressivement davantage de place à la transformation du métal lui-même. Plier, tendre, comprimer, déformer : les gestes de l’atelier deviennent les moyens d’une écriture sculpturale. Dès les années 1980, cette recherche s’étend aux propriétés vibratoires et sonores de la matière.
En 1990, un incendie détruit une partie importante des œuvres conservées dans l’atelier de Romainville.
En 1994, au CNIT de La Défense, il travaille pendant une semaine dans un atelier en forme de cube transparent. Cette performance rend visible le processus de création : la sculpture se construit sous le regard du public, à travers la confrontation physique avec le métal.
1995–2013 : l’inox, le paysage et la résonance
En 1995, Alain Vuillemet installe son atelier à Saint-Aubin-Château-Neuf, dans l’Yonne. Ce nouvel environnement donne davantage de place au travail à grande échelle et au dialogue des œuvres avec le paysage.
À partir de 2000, l’acier inoxydable devient son matériau principal. Sa capacité de déformation, ses reflets et les variations de lumière sur ses surfaces travaillées ouvrent de nouvelles possibilités. Les sculptures prennent place dans les jardins, les parcs et les espaces urbains.
Cette évolution se traduit notamment par les expositions Sculptures d’été à Arles en 2009 et Jardin des Arts à Châteaubourg en 2011.
La recherche sonore se poursuit parallèlement. Une performance est présentée à la galerie Askéo pour la Fête de la musique en 1998, puis un concert Metallophonie est organisé au château de Fourolles en 2004. Sculpture et son se développent au sein d’une même pratique expérimentale.
En 2012, à Saint-Sauveur-en-Puisaye, une exposition réunit douze sculptures monumentales et dix sculptures sonores. La fontaine en inox Les Trois Grâces, acquise par le Conseil général de l’Yonne, est installée de manière permanente dans le parc du Musée Colette. La même année, le Musée d’Art et d’Histoire de Puisaye présente une rétrospective de ses œuvres de petits formats.
Depuis 2013 : déployer les formes et le son
En 2013, plusieurs sculptures monumentales sont présentées à Autun. Au Creusot, la Metallophonie® investit le Musée de l’Homme et de l’Industrie, au Château de la Verrerie, à l’occasion de la Nuit européenne des Musées.
Les expositions en extérieur se poursuivent à Canet-en-Roussillon en 2014, puis à Metz en 2015, où onze sculptures monumentales sont présentées dans le cadre de L’Art dans les jardins. En 2017, Menhir 2100 est exposé et mis en lumière au Musée-château de Flers pour la Nuit européenne des musées.
La Metallophonie® approfondit les rapports entre forme, vibration et écoute. Sculptures-instruments, résonateurs et dispositifs acoustiques ou amplifiés permettent d’explorer le métal par le son autant que par le regard. L’écoute engage le corps et prolonge l’expérience du volume et de l’espace.
En 2020, Alain Vuillemet revient au Musée d’Art et d’Histoire de Puisaye avec Ordre au chaos. En 2025, il y présente OROGENÈSE – Voyage initiatique, qui prolonge ses recherches autour de la transformation de la matière, du symbole et de la résonance.
Repères
- 1974 : premières œuvres présentées au Salon de mai.
- 1976 : première exposition personnelle à Paris.
- 1977–1979 : travail à l’American Center de Paris.
- 1994 : performance d’une semaine au CNIT de La Défense.
- 1995 : installation des ateliers dans l’Yonne.
- 1998 : performance sonore à la galerie Askéo, Paris.
- 2000 : l’acier inoxydable devient le matériau principal.
- 2009 : Sculptures d’été, Arles.
- 2011 : Jardin des Arts, Châteaubourg.
- 2012 : sculptures monumentales et sonores à Saint-Sauveur-en-Puisaye ; installation permanente des Trois Grâces au Musée Colette ; rétrospective au Musée d’Art et d’Histoire de Puisaye.
- 2013 : sculptures monumentales à Autun ; Metallophonie® au Musée de l’Homme et de l’Industrie, Le Creusot.
- 2014 : exposition à Canet-en-Roussillon.
- 2015 : L’Art dans les jardins, Metz.
- 2017 : présentation de Menhir 2100 au Musée-château de Flers.
- 2020 : Ordre au chaos, Musée d’Art et d’Histoire de Puisaye.
- 2025 : OROGENÈSE – Voyage initiatique, Musée d’Art et d’Histoire de Puisaye.
Aujourd’hui
Alain Vuillemet vit et travaille à Saint-Aubin-Château-Neuf, dans l’Yonne. Dans ses ateliers LES CUBES, il conçoit et réalise des sculptures destinées à l’espace public, aux institutions, aux lieux d’architecture et aux collections privées.
Il maîtrise l’ensemble de leur fabrication, de la conception à l’installation. Ses recherches autour de la Metallophonie® poursuivent cette exploration du métal : une matière à façonner, à mettre en espace et à faire résonner.